
Un engagement cohérent au service de l’intégration
Du 1er au 6 décembre 2023, l’ASBL Humanitas VZW a participé à la 2e édition du Festival des Droits de l’Homme au Féminin, organisé par le Collectif Laïcité Yallah à Bruxelles.
Une participation progressive et stratégique
1er et 2 décembre : Observation et networking Les premières journées ont été consacrées à l’observation active des débats et à l’établissement de contacts stratégiques .
Ces moments d’écoute nous ont permis de mieux comprendre les enjeux portés par les autres participants et d’affiner notre approche pour notre intervention du 3 décembre.
3 décembre : « Femmes porteuses de charge au Togo » – Notre contribution majeure
Journée phare de notre participation, nous avons présenté « Femmes porteuses de charge au Togo : entre tradition et défis quotidiens »
Ces travailleuses transportent des charges lourdes dans les marchés de Lomé, assurant une part essentielle de l’économie locale malgré leur invisibilité sociale.
Cette intervention éclairait les réalités pré-migratoires de nombreuses femmes que nous accompagnons en Belgique :
- Précarité économique structurelle
- Absence de protection sociale
- Compétences non reconnues
- Contribution économique invisible
4 décembre : « De l’Afghanistan à l’Iran : se battre là-bas, s’intégrer ici »
Cette journée cruciale a abordé les contextes répressifs qui motivent l’exil de nombreuses femmes que nous accompagnons. Nous avons participé aux discussions avec Zahra ABDOLLAHI (journaliste iranienne en exil), Ava BASSIRI qui a documenté la dégradation des droits humains en Iran, et Lailuma SADID qui a témoigné de la répression des femmes en Afghanistan (que nous retrouverons au festival en décembre 2024).
Ces témoignages ont directement éclairé les traumatismes et défis que portent les femmes fuyant ces régimes répressifs, enrichissant notre approche d’accompagnement psycho-social.
5 décembre : Vulnérabilités multiples et accompagnement spécialisé Journée dédiée aux
problématiques transversales touchant les femmes en situation de précarité. Nos échanges avec Lila JIBRAN sur les difficultés des mamans solo, Malika AKHDIM sur le mariage forcé des jeunes filles marocaines et Naljae BAKKALI (activiste pour les droits des femmes) ont enrichi notre compréhension des vulnérabilités que cumulent souvent les femmes primo-arrivantes.
Ces expertises spécialisées nous ont sensibilisés aux mécanismes de vulnérabilisation que peuvent subir les femmes que nous accompagnons, qu’elles soient liées à l’isolement social, aux pressions familiales ou aux traditions coercitives.
6 décembre : Rencontre avec des figures de référence
Journée particulièrement enrichissante avec la rencontre de deux auteures de premier plan :
Laure DAUSSY, journaliste d’investigation à Charlie Hebdo et auteure de « Enquête sur la fabrique des filles faciles », a partagé son expertise sur les mécanismes de vulnérabilisation des femmes – problématique centrale dans l’accompagnement des primo-arrivantes souvent exposées à des situations de précarité extrême.
Annie SUGIER, première femme directrice scientifique dans le domaine de la sécurité nucléaire, militante universaliste et co-fondatrice avec Simone de BEAUVOIR de la « Ligue du Droit International des Femmes », a apporté une perspective historique et institutionnelle sur la défense des droits des femmes.
Ces échanges ont renforcé notre conviction que l’accompagnement des femmes en parcours migratoire doit s’ancrer dans une approche droits humains ferme et universaliste.
De Lomé à Bruxelles : les mêmes défis
Notre plaidoyer pour ces femmes togolaises – reconnaissance professionnelle, amélioration des conditions de travail, accès à la formation – constitue exactement le cœur de notre mission d’accompagnement des femmes migrantes :
- Valorisation des qualifications acquises au pays d’origine
- Insertion professionnelle digne
- Formation adaptée au marché belge
- Intégration respectueuse de l’identité culturelle
Cette participation nous a connectés avec un écosystème riche d’acteurs clés : du CIRÉ asbl (Coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers) au GERME-ULB (Groupe de Recherche sur les Relations Ethniques, la Migration et l’Égalité), en passant par SINGA Belgium et les expertes rencontrées comme Malika AKHDIM ou Annie SUGIER.
Ces échanges multidisciplinaires – alliant recherche académique, expertise de terrain et militantisme historique – ont considérablement enrichi notre approche de l’accompagnement des femmes migrantes.
Conclusion
Cette semaine intensive nous a permis de documenter les réalités des femmes portefaix togolaises tout en tissant des liens précieux avec des expertes reconnues. De Lailuma SADID (que nous retrouverons en 2024) à Annie SUGIER, cofondatrice avec Simone de Beauvoir de la Ligue du Droit International des Femmes, ces rencontres ont renforcé notre conviction : l’intégration commence par la reconnaissance de la dignité et des compétences de chaque personne, qu’elle porte des marchandises à Lomé ou reconstruise sa vie en Belgique.


